Judith Berkson - Oylam | ECM 2121 - fr



Puller

Artiste

La signification du mot « Oylam » est multiple. C’est à la fois le monde, l’univers, la création, la réalité, le royaume… Mais cet album solo, au sens premier du terme, qui marque les grands débuts de Judith Berkson chez ECM, fait en quelque sorte la synthèse de toutes ces acceptions en invitant à plonger résolument dans un monde totalement personnel et singulier. Enregistré à Udine en Italie en 2009, le répertoire d’« Oylam » est en effet particulièrement surprenant, qui mêle aux chansons extrêmement personnelles de la jeune compositrice, chanteuse et claviériste, un couple de standards (« All of You » de Cole Porter et « They Can’t Take That Away from Me » des frères Gershwin), une mélodie populaire yiddish du poète polonais Mordekhai Gebirtig (« Hulyet, Hulyet »), un air issu de la liturgie juive (le fascinant « Ahavas Oylam ») et un lied de Schubert extrait du cycle « Winterreise » (« Der Leiermann ») sur lequel Berkson plaque ses propres mots en Anglais.

C’est l’extraordinaire engagement avec lequel Berkson s’empare de ces chansons qui donnent à ce programme ostensiblement hybride son unité et sa cohérence. Au piano dès l’âge de cinq ans (elle est née en 1977), elle mêle, à l’adolescence, aux classiques qu’elle étudie au conservatoire (de Schubert à Brahms en passant par Schoenberg) une vraie passion pour les compositeurs expérimentaux: « Les pionniers de l’atonalisme, l’avant-garde sous toutes ses formes, les artistes poussant leurs techniques à l’extrême pour se créer de nouveaux outils : j’ai toujours apprécié ce type de défi. » Elle intègre par la suite le New England Conservatory de Boston où elle bénéficie des enseignements de Lucy Shelton (pour le chant), de Joe Maneri (pour la théorie et la composition) et de Judith Godfrey et Viola Hass (pour le piano). Toutes ces influences conjuguées ont contribué à faire de la musique de Judith Berkson ce qu’elle est aujourd’hui.